Les mystères de Galdwinie
Johan et Lisbeth, deux adolescents franco-écossais, renouent avec leurs racines écossaises en passant leurs vacances à Galdwinie dans le manoir de leurs grands-parents paternels.
mardi 17 juin 2014
Le tartan du clan MacPelt
Une bande rouge à un liseré jaune alterné avec une bande cèdre à deux liserés jaune entrelacé avec une bande vert prairie.
Le Manoir de Galdwinie vu du ciel
Libellés :
Le clan MacPelt
Pays/territoire :
Galdwinie
mardi 18 février 2014
dimanche 5 janvier 2014
Leçon d'humilité
Le lendemain soir lorsqu'ils se retrouvèrent à table, avant de leur faire signe de s'asseoir, Grand-Père fit une longue prière pour remercier le Seigneur du repas qu'ils allaient prendre ensemble et pour lui demander de bénir tous ceux qui avaient contribué à sa préparation.
A la fin du repas, Lisbeth, à qui c'était le tour d'assurer le service, apporta la tarte aux mirabelles que Johan avait préparée pendant l'après-midi. Celle-ci était particulièrement réussie — la pâte était croustillante et les fruits cuits à point – et le garçon était très fier de son œuvre.
— Grand-Père ! J'espère que tu pensais à moi dans ta prière, tout à l'heure, s'exclama-t-il.
— Assurément je n'irai pas jusqu'à nier ton talent. Car cette tarte est vraiment délicieuse. Et c'est probablement l'une des meilleures que j'aie jamais mangé. Mais pour répondre franchement à ta question : Non ! Je ne pensais pas spécialement à toi tout à l'heure.
— Et à qui pensais-tu alors ? C'est quand même moi qui l'ai fabriquée cette tarte.
Tout le monde, autour de la table fut sidéré, par le propos prétentieux du jeune français. Certes, il avait l'habitude de faire tout tourner autour de lui. Mais là, son égocentrisme se manifestait de façon par trop ostentatoire. Même sa cousine Sharon, qui éprouvait beaucoup de tendresse pour lui, fut particulièrement choquée :
— Tu oublies ceux qui t’ont aidé à ramasser les fruits, à les laver et à les dénoyauter, protesta-t-elle pour lui rappeler la part qu’elle y avait prise ainsi que son frère et sa cousine.
— Sans compter que c’est Sarah qui s’est chargée de la préparation de l’essentiel du repas. Toi, tu n’as fait que le dessert, après tout, remarqua Michael.
— En plus, même si je dois reconnaitre que celle-ci est réussie, il t’arrive souvent de rater tes pâtisseries. Ta réussite pour celle-là n’est qu’un coup de chance, ajouta Lisbeth, impitoyable.
D’habitude, sa petite-sœur Lise lui assurait un soutien inconditionnel. Devant son abandon, il se tourna vers Granny, espérant qu’à son accoutumée, elle lui accorderait un peu de réconfort. Mais celle-ci garda le silence en lui jetant un regard réprobateur.
Grand-Père, qui pensait que son orgueilleux petit-fils avait besoin d’une leçon, reprit :
— Il est bien présomptueux de revendiquer pour soi seul le mérite de ce que l’on réussit.
« Car si je te suis bien, c’est toi qui as labouré la terre et y as semé, puis moissonné et moulu le blé qui a servi à fabriquer la farine. C’est toi qui as élevé, nourri et trait les vaches puis battu la crème pour obtenir du beurre. C’est toi qui as nourri les poules qui ont pondu les œufs. Sans compter le forgeron qui a fabriqué le moule que tu as utilisé, ni le bucheron qui a abattu les arbres pour le bois nécessaire à chauffer le four, ni le maçon qui l’a construit ».
— Le four est électrique, s’empressa de faire remarquer Johan, satisfait de pouvoir prendre son grand-père en défaut.
— Je te remercie. Je te signale que c’est moi qui l’ai fait installer à la demande de Granny et de Sarah. Quoi qu’il en soit, même celui-ci, si moderne soit-il, a nécessité la compétence et le savoir-faire de nombreux ouvriers. Ce qui t’a permis de bénéficier d’un outil d’une grande qualité pour réussir ta tarte.
« Par ailleurs, ce savoir-faire, tu ne l’as pas acquis tout seul. Tu oublies ton professeur — comment l’appelles-tu déjà ? Madame Dourru ? — qui a eu la patience de t’enseigner la pâtisserie. »
« Tu vas m’objecter que parmi tous les élèves qui ont suivi le même cours, tu es particulièrement doué. Mais même ton talent indéniable, tu ne peux, ni de doit t’en attribuer le mérite à toi seul. Il t’a été accordé par le Seigneur, comme un don, — et j’utilise ce mot dans son sens étymologique — comme un cadeau. »
« Alors quand je suis sujet au spleen, je pense à toute cette succession de petits faits, que les sceptiques attribuent au hasard, qui me permettent d’avoir de quoi me loger, me vêtir et m’alimenter, où le talent de nombreuses personnes s’est exprimé de façon coordonnée. Et ça me remonte le moral. Car j’y vois le doigt de Dieu. »
« Voilà pourquoi, je rends grâce avant le repas et que je prie le Seigneur pour TOUS ceux, nombreux, qui y ont contribué. »
Mais voyant la figure consternée de Johan, il ajouta :
— Mais, pour te consoler, toi aussi, tu avais ta petite place dans ma prière.
*
* * *
*
* * *
*
Le repas terminé, Lisbeth, aidée de Michael, après avoir débarrassé la table, rejoignit Sarah à la cuisine pour la vaisselle.
Johan, vexé, souffrant de la réprobation de sa famille, se réfugia sous le cèdre. Il aimait beaucoup cet endroit. Il grimpa sur son hamac pour méditer.
Sharon, disponible ce soir là, ne voulant pas laisser le jeune homme tout seul dans cet état d’esprit, se précipita pour le rejoindre. Mais Granny la retint par le bras. Un moment, elle eut peur que sa grand-mère ne l’empêchât d’aller retrouver son cousin. Mais celle-ci lui tendait une couverture en souriant affectueusement :
— Prends ce plaid. Les soirées sont fraîches maintenant.
— Merci, Granny ! dit-elle en embrassant la vieille dame.
La jeune fille se sentit rassérénée par ce geste qui révélait que sa grand-mère approuvait sa démarche.
Elle se dirigea vers l’arbre millénaire et devina, dans la demi-obscurité, son cousin perché dans son hamac. Elle lui lança le plaid et tenta de le rejoindre. Mais, selon la coutume du manoir, pour le repas, elle s’était vêtue d’une robe, vêtement peu adapté pour les acrobaties.
— Aide-moi à grimper, veux-tu ? L’implora-t-elle.
Johan sauta à terre, la saisit par la taille et l’installa dans le hamac. Puis il escalada les branches pour s’asseoir à ses côtés.
La soirée était belle. Bien que la fin des vacances approchât, et que l’obscurité commençât à envahir le parc, la température était douce et agréable. Le soleil avait déjà disparu derrière la montagne, mais le ciel était encore lumineux. Ils restèrent là, immobiles et silencieux à observer le ciel, à travers les rameaux de l’arbre.
— Comment savais-tu que j’étais ici ? Lui demanda le garçon, rompant le silence qui pesait.
— C’est toujours là que tu viens lorsque tu es contrarié.
— Je suppose que toi aussi, tu es fâchée contre moi, s’inquiéta-t-il.
— Pas fâchée... peut-être une peu déçue... peinée, je dirais.
La lune en était à son premier quartier. Et sa lumière compensait l’obscurité grandissante à l’heure où, probablement, des touristes admiraient le soleil en train de sombrer dans la mer sur la côte ouest de l’Ecosse.
Johan était en train de se dire, en admirant sa cousine à la clarté blafarde de l’astre, que le visage de Sharon ressemblait à celui d’Arwen Undómiel1, la fille d’Elrond.
— « The braids of thy dark hair are touched by no frost, thy white arms and clear face are flawless and smooth, and the light of stars is in thy bright eyes, grey as a cloudless night; yet queenly thou lookest... »2, osa-t-il citer.
De fait, dans lumière pâle, la chevelure blonde et les yeux bleus de Sharon avaient perdu leur chrominance. Et son attitude, à ce moment, justifiait amplement les noms elfiques de la princesse elfe. Jusqu’à son prénom lui-même, dont la signification était identique3.
En espérant cacher dans l’obscurité, l’émotion qu’avait provoquée chez elle, cette comparaison particulièrement flatteuse, surtout venant de ce cousin qu’elle adorait, elle rendit hommage à la mémoire du garçon qui avait su citer avec tant d’à propos, le passage d’un roman qu’elle appréciait particulièrement4.
Il l’avait fait en anglais, modifiant la conjugaison originale pour utiliser l’ancien tutoiement de la langue de Shakespeare qui, contrairement aux langues continentales, ne manifeste aucune familiarité, mais au contraire souligne la distinction singulière de la personne éminente à laquelle on s’adresse.
La jeune fille frissonna dans la fraicheur de l’humidité qui tombait. Et Johan déplia la couverture qu’elle avait apportée pour la déposer sur leurs épaules. Ils se blottirent dessous, serrés l’un près de l’autre.
— L’idée de t’avoir fait de la peine m’est insupportable.
— J’étais tellement heureuse ce soir. Tu avais réussi ton gâteau et j’étais particulièrement fière de toi. Et voilà que par ton orgueil tu as tout gâché.
Ce jugement de sa cousine qu’il aimait blessa le garçon. Il sentit la colère monter en lui.
— Mon orgueil ? Mais... tenta-t-il de protester.
Mais un regard de la jeune fille arrêta à temps la parole blessante qui lui montait aux lèvres.
— Ce n’était pas à toi de souligner ta réussite, reprit-elle. Il te suffisait d’attendre un peu et les compliments auraient fusés d’eux-mêmes.
Devinant l’air contrit de son cousin, elle choisit de poursuivre son propos sur le ton de l’humour :
— Tu sais ce qu’on dit des français ?
— Je me doute que ce ne doit pas être flatteur, venant des britanniques.
— On dit qu’ils ont choisi le coq comme emblème parce que cet animal aime se vanter en chantant cocorico les deux pieds dans le fumier.
— On dit aussi que les anglais ont choisi le lion sur leur écu parce que c’est le roi des bêtes, repartit le français.
Mais le sarcasme glissa sur la jeune fille qui, revendiquant fièrement sa nationalité écossaise, ne se sentait pas le moins du monde anglaise.
— Tu as été scout, n’est-ce-pas ?
— Oui ! Bien sur ! Et Lise a été aussi chez les Guides.
— Une fois, des scouts français sont venus à Galdwinie et ils ont chanté une prière :
Seigneur Jésus,
Apprenez-nous à être généreux,
A Vous servir comme Vous le méritez,
A donner sans compter,
A combattre sans souci des blessures,
A travailler sans chercher le repos,
A nous dépenser, sans attendre d'autre récompense,
Que celle de savoir que nous faisons
Votre Sainte Volonté.5
Apprenez-nous à être généreux,
A Vous servir comme Vous le méritez,
A donner sans compter,
A combattre sans souci des blessures,
A travailler sans chercher le repos,
A nous dépenser, sans attendre d'autre récompense,
Que celle de savoir que nous faisons
Votre Sainte Volonté.5
La jeune fille s’était mise à chanter doucement la prière en français. Emu par la jolie voix de sa cousine, Johan lui prit la main en l’accompagnant d’une voix plus grave.
Après ce chant qui portait en lui sa leçon, ils restèrent silencieux à regarder les étoiles, l’un à coté de l’autre.
Comme la jeune fille frissonnait de nouveau, Johan sauta à terre, puis aida Sharon à descendre du hamac pour regagner le manoir. Le garçon accompagna sa cousine à la porte de sa chambre.
— N’empêche que ta tarte était vachement bonne, dit-elle en français avec un sourire.
Elle lui fit une bise et entra dans sa chambre. Et Johan emprunta le couloir qui menait à l’autre aile où se situait la sienne et celle de sa petite sœur Lise.
Blog : Leçon d'humilité.
Extrait de Chapitre 7 - Leçon de philosophie autour d'une tarte aux mirabelles.
Extrait de Chapitre 7 - Leçon de philosophie autour d'une tarte aux mirabelles.
1
Le nom Arwen signifie « jeune fille noble » en sindarin (gris-elfique).
Elle est surnommée Undómiel, « étoile du soir » en quenya (haut-elfique).
Le sindarin et le quenya sont deux langages imaginés par l’auteur du Seigneur des Anneaux pour ses romans.
Le sindarin et le quenya sont deux langages imaginés par l’auteur du Seigneur des Anneaux pour ses romans.
2
« Les tresses de tes cheveux sombres ne sont touchées d'aucun givre, tes bras blancs et ton clair visage sont lisses et sans défaut, et la lumière des étoiles brille dans tes yeux, gris comme une nuit sans nuage ; Et tu as le port d’une reine... »
3
Sharon est la forme gaélique de Sara, le nom de la femme d’Abraham, qui veut dire « princesse » :
Dieu dit à Abraham: Tu ne donneras plus à Saraï, ta femme, le nom de Saraï (noble, distinguée); mais son nom sera Sara (princesse). (Genèse 17:15)
Dieu dit à Abraham: Tu ne donneras plus à Saraï, ta femme, le nom de Saraï (noble, distinguée); mais son nom sera Sara (princesse). (Genèse 17:15)
4
J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux, Livre II, chapitre 1 :
“Young she was and yet not so. The braids of her dark hair were touched by no frost, her white arms and clear face were flawless and smooth, and the light of stars was in her bright eyes, grey as a cloudless night; yet queenly she looked, and thought and knowledge were in her glance, as of one who has known many things that the years bring.”
Elle était jeune et en même temps pas. Les tresses de ses cheveux sombres n'étaient touchées d'aucun givre, ses bras blancs et son clair visage étaient lisses et sans défaut, et la lumière des étoiles brillait dans ses yeux, gris comme une nuit sans nuage; elle avait de plus le port d’une reine, la pensée et le savoir se révélaient dans son regard comme dans celui de quelqu’un qui a connu maintes choses qu’apportent les années.
“Young she was and yet not so. The braids of her dark hair were touched by no frost, her white arms and clear face were flawless and smooth, and the light of stars was in her bright eyes, grey as a cloudless night; yet queenly she looked, and thought and knowledge were in her glance, as of one who has known many things that the years bring.”
Elle était jeune et en même temps pas. Les tresses de ses cheveux sombres n'étaient touchées d'aucun givre, ses bras blancs et son clair visage étaient lisses et sans défaut, et la lumière des étoiles brillait dans ses yeux, gris comme une nuit sans nuage; elle avait de plus le port d’une reine, la pensée et le savoir se révélaient dans son regard comme dans celui de quelqu’un qui a connu maintes choses qu’apportent les années.
5
Prière adaptée par le Père Sevin, pour le mouvement Scouts Catholiques de France qu’il a fondé en 1920.
mardi 3 décembre 2013
L'Hymne de Galdwinie
Les Quatre Perles de Galdwinie (Ceithir Neamhnaidean a Galdbhinì)
QUATRE Perles, données par quatre jeunes filles,
Offrant à Galdwinie ce quelles avaient de plus précieux.
Pour édifier le manoir et assurer la défense du village,
Pour bâtir l'église et la Maison Paroissiale,
La plus belle des pierres pour les cottages qui abritent les villageois.
TROIS épées, plantée en terre par le Laird de Galdwinie
Dans la terre de ses ancêtres pour la paix du clan et de ses septs.
Trois croix dressées sur le calvaire
Pour rappeler la paix du Seigneur offerte au monde
Pour effacer une fois pour toute, le mal de la terre où habitent les villageois.
DEUX brigands pendus auprès du Christ, attaché sur le bois infâme.
O Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras Roi.
Amen, je te le dis : Aujourd'hui tu seras avec moi au Paradis.
Habitants de Galdwinie, faites la paix avec votre Dieu
En acceptant le cadeau du Sauveur pour que prospèrent les villageois.
UN cèdre, arbre grandiose venu par l'orient du pays du Seigneur,
Dont l'ombre apaisante abrite sous ses amples branches,
Les oiseaux et tous les habitants du Comté de Galdwinie.
Reste dressé malgré les tempêtes et le embruns,
Pour que reposent en paix, pour l'éternité, les villageois.
QUATRE Perles, données par quatre jeunes filles,
Offrant à Galdwinie ce quelles avaient de plus précieux.
Pour édifier le manoir et assurer la défense du village,
Pour bâtir l'église et la Maison Paroissiale,
La plus belle des pierres pour les cottages qui abritent les villageois.
TROIS épées, plantée en terre par le Laird de Galdwinie
Dans la terre de ses ancêtres pour la paix du clan et de ses septs.
Trois croix dressées sur le calvaire
Pour rappeler la paix du Seigneur offerte au monde
Pour effacer une fois pour toute, le mal de la terre où habitent les villageois.
DEUX brigands pendus auprès du Christ, attaché sur le bois infâme.
O Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras Roi.
Amen, je te le dis : Aujourd'hui tu seras avec moi au Paradis.
Habitants de Galdwinie, faites la paix avec votre Dieu
En acceptant le cadeau du Sauveur pour que prospèrent les villageois.
UN cèdre, arbre grandiose venu par l'orient du pays du Seigneur,
Dont l'ombre apaisante abrite sous ses amples branches,
Les oiseaux et tous les habitants du Comté de Galdwinie.
Reste dressé malgré les tempêtes et le embruns,
Pour que reposent en paix, pour l'éternité, les villageois.
mardi 17 septembre 2013
Johan et Lisbeth MacPelt prennent le train pour Galdwinie
La ligne de chemin de fer qu'ils devaient prendre n'était pas encore électrifiée. Les trains y étaient encore tractés à la vapeur. Quand leur train fut à quai, Johan prit le temps d'aller examiner la locomotive. Il était admiratif de ces machines. Il en possédait plusieurs modèles réduits qu'il s'amusait à faire circuler sur son réseau miniature. Lorsqu'il était enfant, il avait même envisagé de devenir mécanicien. Mais l’électrification progressive des lignes d'exploitation françaises lui avait prouvé que ce n'était pas un métier d'avenir.
Blog : Johan et Lisbeth MacPelt prennent le train pour Galdwinie.
Extrait de Chapitre 2 - En route pour Galdwinie
Blog : Johan et Lisbeth MacPelt prennent le train pour Galdwinie.
Extrait de Chapitre 2 - En route pour Galdwinie
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